AVIS ET CRITIQUE
Vive la France sans racelards
À propos de La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom
La critique
À quand la partie 3, dans laquelle De Gaulle laisse Jean-Marie Le Pen torturer des algériens.
Cette deuxième partie constitue pour moi une déception — une déception à quatre étoiles, certes, mais une déception tout de même.
À l'image du premier volet, Antonin Baudry signe un film d'une ampleur remarquable, dont la mise en scène conserve une maîtrise certaine du rythme, de la tension et de l'espace. Les intrigues politiques demeurent passionnantes, tandis que les séquences de combat témoignent d'un véritable savoir-faire spectaculaire. Le film réactive également, de manière assez stimulante, un patriotisme que des années de politique gouvernementale menées par une droite corrompue avaient quelque peu enfoui en moi.
j'ai cependant été déçu que le film n'insiste pas davantage sur un fait historique essentiel : le Parti communiste disposait du réseau armé de résistance le plus important. Car, comme cela a été le cas pour mes parents et moi, ce que nous avions surtout retenu de la création du Conseil National de la Résistance, c'était que les communistes étaient ceux qui freinaient le plus.
Il est évidemment vrai que les contradictions idéologiques entre les différents partis étaient très profondes, mais tous ont fini par converger autour de certains objectifs fondamentaux, notamment la chute du gouvernement de Vichy. De manière générale, plus on se situe à droite sur le plan politique, moins l'engagement dans la Résistance semble avoir été massif. C'est donc dommage que le film n'exploite pas davantage cette dimension et lisse les rapports de force politiques qui traversaient la Résistance.
Je suis également une nouvelle fois surpris de constater à quel point nos livres d'histoire évoquent peu le projet d'administration Etats-Unien ou si peu, à quel point les intérets Etats-Uniens ont rendu la libération compliquée.
Le point le plus décevant reste néanmoins la Libération de Paris. Je pensais être comblé par des images grandioses, mais le film fait le choix de s'appuyer très largement sur des images d'archives. Un choix que je respecte pleinement sur le plan cinématographique, mais là où l'on m'avait vendu une seconde partie encore plus spectaculaire, je n'ai été que partiellement convaincu. La Résistance armée reste finalement trop peu mise en scène, malgré son potentiel cinématographique évident.
Pour le reste, les mêmes constats demeurent : un acting globalement très convaincant, des VFX qui sonnent parfois un peu cheap (voire IA mais ça m'étonnerait), et puis un regard plus politique sur la guerre qui ose traiter des manigances étatiques.
Retrouver dans ce volet les forces de l'armée africaine, et surtout montrer le racisme systémique encore présent au sein des puissances alliées, notamment chez les États-Unis, est particulièrement important. Cette dimension est trop souvent évacuée
Ce second volet mérite donc tout autant d'être vu que le premier, et de préférence au cinéma.