AVIS ET CRITIQUE
Jtm Nolan
À propos de L'Odyssée
La critique
Le lever à 5 heures du mat' pour prendre le train et arriver à 9 heures pour la séance au Grand Rex de The Odyssey, et bien sûr acheter le seau de popcorn en édition limitée que j'ai pas réussi à finir.
Meilleure séance de ma vie clairement.
Nolan a eu une place très importante dans ma cinéphile étant le premier réalisateur dont j'ai appris à connaitre la patte, j'avais d'ailleurs fait mon oral de brevet sur son œuvre.
Et The Odyssey est, sans grande surprise, tout ce que j'aime chez lui mais en mieux.
Quand on pense à Nolan on pense à structure narrative éclatée, timeline complexe et pour une fois celle-ci ne fait pas gadget, elle prend son sens à travers des fragments d'histoire racontés. C'est très malin, c'est plaisant et l'exécution est virtuose.
Nolan, ça rime aussi avec réalisme brut dans sa manière d'aborder le cinéma. Et même s'il doit forcément privilégier le numérique au pratique pour certaines séquences (celle de Charybde et Scilla par exemple), on a le droit à l'un des meilleurs passages de sa filmographie qui flirte avec le body horror : Circé et les cochons. Le travail visuel est saisissant, elle modèle littéralement les corps, les déforme, c'est d'une abjection absolu, ça va très loin, mais c'est tellement réussi !
C'est ensuite des visuels complètement fous. On le sait, Nolan ne brille pas par un talent de metteur en scène hors pair, pour autant il sait faire de l'épique, du grandiose, des grandes images de cinéma. Et L'Odyssée est le parfait terrain de jeu pour explorer les toutes possibilités visuelles. C'est ainsi qu'on nous offre des plans de foule incomparables, des iconisations comme celle d'Agamemnon juste légendaires, des visuels saisissants lors de la prise de Troie...
The Odyssey c'est aussi un certain minimalisme, qui – s'il ne durait pas déjà quasiment 3 heures – prendrait volontier le temps de s'essayer au contemplatif avec des temps morts dans l'action : ce plan au drone avec les 3 bateaux aux voiles rouges et cette mer sombre en fond, on aimerait presque que cela dure d'avantage et le film lui-même aimerait pouvoir s'attarder plus sur ce genre de "détails" qui font la beauté de l'œuvre.
Malheureusement il n'y a pas le temps, raconter L'Odyssée, en seulement 3 heures est une mission impossible sans couper des morceaux et c'est ce choix que fait le film, on n'aura pas le sac des vents d'Eole, pas les Lotophages..
L'absence des dieux est aussi un choix surprenant, à l'exception d'Athéna, les Dieux ne sont présents que par leurs symboles, la foudre pour Zeus, la tempête pour Poséidon, et le soleil pour Apollon. C'est un choix assez radical qui s'inscrit dans une volonté de réalisme absolu.
Le film fonctionne comme une gigantesque montée en tension dramatique et émotionnelle (oui oui la larme n'était pas loin) de 3 heures pour arriver aux 30 dernières minutes où chaque seconde rivalise de virtuosité.
Rien que pour cette idée des 3 perceptions de la prise de Troie, celle de l'extérieur, de l'intérieur, et de la descente dans l'horreur et la brutalité de la guerre, le film mérite une note très haute.
The Odyssey est un film beaucoup plus violent que ses précédents films, j'ai déjà parlé des scènes à potentiel horrifique, mais ici c'est aussi un sang qui se fait moins timide, une brutalité dans les morts (Scilla) avec sa froideur habituelle mais surtout une rapidité expéditive des morts.
En parlant de morts comment ne pas revenir sur l'une des scènes les plus marquantes si ce n'est LA scène : celle des enfers, la DA est monstrueuse, et ces plans de foule quel plaisir visuel !
Et bien entendu un nouveau film de Nolan est toujours accompagné d'un casting grandiose. Matt Damon en Ulysse brisé mais résolu, Tom Holland en Télémaque qui trouve une intensité encore invisible jusqu'alors, John Bernthal (le duo punisher/Spidey) en personnage secondaire assez sympathique et Robert Pattinson décidément plus que jamais déterminé à faire oublier au public Twilight.. Et puis les femmes. Et bon... Comme chacun sait, les personnages féminins profonds chez Nolan c'est l'équivalent de l'humilité chez Kubrick, presque totalement invisible. Anne Hathaway, Zendaya, Mia Goth (qui mérite beaucoup plus de temps d'écran), Lupita Nyong'o... Toutes sont bâclées.
On pourra parler du montage parfois beaucoup trop excité, de ces scènes de combat presque illisibles, de ce côté bavard assez ingrat que va avoir le film d'autant plus que filmer des dialogues intelligemment n'a jamais été le fort de Nolan.. Mais moi j'ai pas envie d'en parler.
Voyez The Odyssey, c'est déjà incompréhensible que tout le monde ne l'ait pas vu J1.